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Polluants Climatiques à Courte Durée de Vie

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Réduire ces polluants (noir de carbone, HFC, méthane, ozone troposphérique) pourrait ralentir le réchauffement d’ici 2050 jusque 0,5°C. Une action rapide dans la production de pétrole et de gaz, l’agriculture, les transports et déchets est clé et a des avantages immédiats sur la santé. Photo: ©B. Thornberry

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Site: Partenariat pour la réduction du méthane dans les opérations pétrolières et gazières

Contact: philip.swanson.affiliate@unep.com

Le partenariat pour la réduction du méthane dans les opérations pétrolières et gazières (OGMP) de la Coalition pour le climat et la qualité de l'air (CCAC) vise à gérer les émissions de méthane et à trouver des façons innovantes de les réduire.

Le méthane rejeté par les activités humaines est un polluant à courte durée de vie qui reste dans l'atmosphère pendant environ 20 ans, une période plus courte que la durée de vie centenaire du CO2. Par contre, le méthane est un gaz à effet de serre au moins 84 fois plus puissant ce qui signifie que toute réduction a un impact significatif et immédiat.

Réduire le méthane, une priorité pour le secteur de l'énergie

Réduire les émissions de méthane est l'une des cinq priorités de politique climatique pour le secteur de l'énergie, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). L'agence a publié en juin le rapport spécial Energy and Climate Change, mettant en avant un scénario comprenant les conditions pour atteindre un pic précoce des émissions mondiales liées à l'énergie.

L'OGMP a été présenté à titre d'opportunité majeure d'action climatique au sommet sur le climat du Secrétaire général de l'ONU en septembre 2014 et il s'agit de l'une des initiatives du Plan d'Actions Lima-Paris (LPAA, en anglais).

Lest entreprises peuvent se joindre au partenariat sur une base volontaire en signant un mémorandum d’accord avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). BG-Group (Royaume-Uni), ENI (Italie), Pemex (Mexique), PTT (Thaïlande), Southwestern Energy (États-Unis), Statoil (Norvège) et Total (France) sont des entreprises qui se sont jointes au partenariat jusqu'ici, visant à faire du gas naturel une source d'énergie plus propre.

Les producteurs d'OGMP s'engagent à mener une enquête sur les neuf sources "principales" d'émissions de méthane (voir la liste ci-dessous), à évaluer des technologies rentables pour les réduire, à agir et à démontrer les résultats aux parties prenantes.

L'objectif des producteurs est d'appliquer une approche systématique d'identification, de calcul et d'atténuation pour obtenir des résultats à court terme et faire en sorte que la concentration des polluants à courte durée de vie dans l'atmosphère chute plus vite, contribuant à ralentir le réchauffement mondial.

Des réductions majeures d'émissions possibles en réduisant les fuites

Selon une estimation mondiale publiée en avril 2015 par le Rhodium Group, environ trois pour cent du gaz naturel produit s'échappe en émissions de méthane, en plus du gaz torché ou rejeté de façon routinière. La réduction de ces fuites à seulement un pour cent pour la seule moitié de la production mondiale de gaz économiserait 2,4 billions de mètres cubes d'émissions, soit l'équivalent de 1 120 millions de tonnes d'équivalent-CO2 chaque année.

Jusqu'où les entreprises peuvent-elles aller pour réduire les émissions de méthane ? Les données qualitatives sont rares, ce qui rend difficile de déterminer la quantité de pollution entrant dans l'atmosphère et l'établissement de calendriers et d'objectifs clairs. Le partenariat applique ainsi une approche systématique par laquelle les entreprises identifient les fuites et décident du rythme de leurs efforts d'atténuation, tout en s'engageant à faire état publiquement des progrès atteints. Le but à long terme est d'inclure chacune des neuf sources "principales" de leurs activités dans le cadre d'OGMP pour les certifier comme contrôlées, ce qui contribuera aussi à une série de données crédibles pour le secteur.

Les entreprises peuvent aussi bénéficier économiquement du partenariat grâce à un plus grand nombre de produits récupérables et à une amélioration de leur crédibilité aux yeux des consommateurs. De plus, les mesures prises dans ce créneau suscitent l'intérêt des investisseurs. En janvier 2014, trois groupes d'investisseurs institutionnels représentant 20 billions de dollars en actifs ont publié une déclaration conjointe (en anglais), demandant à toutes les sociétés pétrolières et gazières de s'impliquer.

Les neuf sources principales d'émissions pétrolières et gazières en amont

  • Commandes et pompes pneumatiques fonctionnant au gaz naturel;
  • Matériel vétuste et fuites;
  • Joints humides sur les compresseurs centrifuges;
  • Joint/garniture de tige de ventilation pour compresseurs alternatifs;
  • Déshydrateurs au glycol;
  • Réservoirs de stockage d’hydrocarbures liquides;
  • Dégagements en provenance du puits lors du déchargement de produits liquides;
  • Dégagement en provenance du puits/torchage lors de l’achèvement de puits fracturés hydrauliquement;
  • Dégagement de gaz de pétrole.

Les bénéfices

  • Légitimité d’un partenariat public-privé favorisant la reconnaissance de leurs efforts – passés et présents – en vue de la réduction des émissions de méthane;
  • Accroissement du nombre de produits récupérables permettant l’augmentation du volume de gaz vendu et du chiffre d’affaires;
  • Avantages d’ordre opérationnel et en matière de sécurité grâce à un matériel de meilleure qualité;
  • Harmonisation des normes relatives à la communication et à la publication;
  • Partage des bonnes pratiques et aide pour les mettre en place ;
  • Élaboration de données sectorielles fiables en vue de mettre en exergue les contributions des entreprises en faveur de la lutte contre le changement climatique et de favoriser l’essor du gaz naturel.

Crédit photo: Ken Doerr (Flickr)

 

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