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COP 21

Paris

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La conférence sur le climat de l'ONU à Paris en décembre 2015 délivrera un nouvel accord universel sur le changement climatique. Cet accord vise à mettre le monde sur la voie d'un avenir faible en  carbone et durable, qui maintient une hausse de la température mondiale en dessous de 2 degrés C

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Crédit photo: COP21 (Flickr)

M. Laurent Fabius, Ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21, s'est exprimé le 20 janvier dernier devant le Parlement européen. Voici des extraits de son discours. 

Présentation des grandes lignes de l'accord de Paris sur le climat, adopté en décembre dernier lors de la conférence des Nations Unies

"L’année  2015  a  été  difficile  pour  le  monde  et  singulièrement  pour  l’Europe.  La Conférence  de Paris  sur  le  climat  a  constitué,  elle,  un  véritable   espoir.  Elle  a  permis  –  ce  qui  est  rare  –  un rassemblement   de   l’ensemble   des   nations.   Elle   a   montré   que   la   diplomatie,   et   que   le multilatéralisme sous certaines conditions, pouvaient parvenir à des résultats importants."

En octobre dernier, j’avais eu l’occasion d’exposer devant vos Commissions de l’Environnement et  des  Affaires  étrangères  les  critères  de  ce  que  serait  un  « bon  accord »  à  Paris.  A  travers  les 29 articles que comporte l’accord et les 140 points de la décision qui l’accompagne, ces critères ont  été  remplis.  Nous  avons  obtenu  un  accord  universel,  qui  repose  sur  les  contributions nationales de 187 pays – c’est considérable. L’accord est reconnu comme ambitieux : il inclut à long  terme  la  limitation  du  réchauffement  climatique  à  2 °C,  l’engagement  à  poursuivre  les efforts  pour  atteindre  1,5 °C  et  la  neutralité  carbone  dans  la  deuxième  moitié  du  siècle.  Il  est dynamique : un mécanisme de revue quinquennale des engagements est prévu, avec un premier rendez-vous fixé en 2023, mais un bilan des efforts pré-2020 aura lieu dès 2018, ce qui permettra une discussion pour un rehaussement des engagements. Concernant le suivi des engagements, un cadre  commun  de  transparence  est  défini,  avec  des  flexibilités  en  fonction  des  capacités  de chaque Etat. L’accord est juridiquement contraignant autant qu’il pouvait l’être compte tenu des contraintes politiques de plusieurs Etats. Enfin, l’accord est en général tenu pour juste : la notion de  différenciation  est  déclinée  sur  l’ensemble  des sujets,  et  une  solidarité  des  pays riches interviendra  envers  les  pays  les  plus  vulnérables, avec  notamment  l’engagement  de  respecter puis de dépasser l’objectif de 100 milliards de dollars annuels au profit de ces derniers et de fixer un nouvel objectif chiffré avant 2025."

(...)

"Au-delà de l’accord proprement dit, la COP 21 a permis d’associer à la cause climatique pour la première fois à cette échelle un nombre important d’acteurs non gouvernementaux. Plus de 5 000 villes,  régions,  entreprises,  investisseurs  et  ONG issus  de  180  pays  ont  pris  des  engagements. Plusieurs projets ambitieux, dont l’impact se mesurera avant même 2020, ont été lancés lors de la Conférence.  Au  total,  une  dynamique  de  basculement a  été  enclenchée  vers  le  développement bas  carbone.  Je  pense  qu’elle  est  irréversible.  Le mot  « historique »  pour  une  fois  n'est  pas galvaudé.  Dans  la  lutte  contre  le  dérèglement  climatique,  il  y  aura  donc  un  avant  et  un  après Paris."

Présentation du travail pour 2016 selon les "4P"

2015 a  été  l’année  des  négociations  et  des décisions, 2016 doit être ce que j’appellerai l'année des « 4 P ».  

"P comme processus de signature et de ratification. Le 22 avril aura lieu à New York, aux Nations Unies,  l’ouverture  de  l’accord  à  la  signature.  Il  y  faut  au  moins  55  pays  représentant  55  %  des émissions  de  gaz  à  effet  de  serre.  Il  est  souhaitable  que  le  plus  grand  nombre  possible  de dirigeants européens et mondiaux soient présents. L’Union européenne a été l’une des premières à  publier  sa  contribution  nationale,  en  mars  2015;  elle  doit  continuer  à  montrer  l’exemple,  en signant l’accord de Paris dès le 22 avril, puis en le ratifiant dans les meilleurs délais.  

P  comme précisions  concernant  cet  accord  de  Paris  et  la  décision  jointe.  En  décembre  dernier, des principes ont été posés et des objectifs définis : il s’agit de s’accorder sur la manière de les traduire  en  actes.  Ce  sera  l’objet,  en  mai  prochain  à  Bonn,  de  la  première  réunion  du  groupe chargé  de  préparer  les  décisions  d’application.  Nous  devrons  en  particulier  aboutir  à  une définition  commune  et  précise  des  financements  pour  le  climat,  déterminer  les  modalités  de  la revue  quinquennale  des  engagements  nationaux  et  fixer  des  règles  pour  la  transparence  dans  le suivi des engagements.  

Le  troisième  P  renvoie  à  la  période pré-2020.  Au-delà  de  la  mise  en  œuvre  de  l’accord,  dont l’entrée en vigueur est prévue en 2020, un suivi sera nécessaire concernant l’action pré-2020 et ce  qu’on  appelle  le  « Plan  d’Action  Lima-Paris »,  qui  rassemble  les  initiatives  des  Etats  et  des acteurs non gouvernementaux. Je pense notamment à « l’Alliance solaire internationale » initiée par  le  Premier  ministre  indien  Modi,  à  la  « Mission  innovation »  public-privé  lancée  avec  le Président Obama et des investisseurs privés pour le développement des technologies propres. Je pense  à  la  généralisation  des  systèmes  d’alerte  précoce  face  aux  catastrophes  et  au  système d’assurances climatiques dans les pays vulnérables, ainsi qu'à la protection des forêts tropicales. J'insiste  également  sur  nos  engagements  financiers en  faveur  des  énergies  renouvelables  en Afrique  qui  devront  être  rapidement  et  complètement  honorés.  Sur  ces  projets  concrets  et  sur bien d’autres, des progrès significatifs devront avoir lieu dès 2016.  

Le  dernier  P,  c'est  la  préparation  de  la  COP  22  de  Marrakech  fin  2016.  Le  succès  de  la Conférence de Paris a été facilité par une coordination étroite entre la Présidence péruvienne de la  COP  20,  la  Présidence  française  de  la  COP  21  et le  Secrétariat  de  la  Convention-cadre  des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). C’est dans ce même esprit que nous entendons  travailler  avec  nos  amis  Marocains,  afin d’obtenir  un  succès  à  Marrakech  en novembre.  Nous  préparerons  donc  ensemble  une  série de  réunions  informelles  et  formelles indispensables selon la méthode qui a réussi pour Paris"

Lire l'intégralité du discours sur le site de la COP21.

Crédit photo: COP21 (Flickr - domaine public)

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