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Sur ce portail d'actualités de la CCNUCC vous trouverez des informations sur le changement climatique ainsi que les mesures prises par les gouvernements, entreprises, citoyens, l'ONU et la société civile. Vos contributions nous intéressent: contactez nous à press@unfccc.int.

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Crédit photo: Peter Haden (Flickr)

Bonn, le 19 mai 2016 - Les impacts mesurables du changement climatique ont le potentiel d'affecter de manière importante les gens qui vivent sur cette planète. De la sécheresse en passant par les feux à la montées des océans ou à des phénomènes météorologiques extrêmes, les impacts climatiques physiques frappent également des communautés entières. Les dernières dépêches sur les mouvements de masse humains ont mis l'accent sur cette tendance, mais la mesure et l'évaluation précise et équilibrée des impacts et des motivations individuelles de la migration reste critique à toute réponse réussie à long terme réponse.

Mais les données sur ce problème ont augmenté de manière spectaculaire et c'est ce qui fut l'objet de la présentation par un groupe d'experts sur la migration humaine lors de la dernière conférence de l'ONU sur le changement climatique à Bonn, à savoir les principales conclusions sur le lien entre le changement climatique et la migration. Lors de l'événement "Mobilité humaine et l'Accord de Paris: Quel avenir?", des intervenants de l'Université de Liège, de l'Organisation internationale pour les migrations et de l'Université des Nations Unies (UNU) ont souligné l'importance de données fiables, capables de mesurer la migration climatique.

Avec l'adaptation au changement climatique reconnue comme élément essentiel de l'action climatique dans l'Accord de Paris l'an dernier, la minimisation de ces impacts sur les humains constitue un défi pour les gouvernements, qui agissant pour honorer leurs contributions à l'accord.

Au vu des formes diverses de migration, il est difficile de déterminer exactement pourquoi les gens se déplacent. Certains déplacement sont forcés, d'autres sont des choix. Une partie des mouvements peut être directement liée aux impacts climatiques, mais le rôle du climat n'est pas toujours clair, le cas échéant. Sécheresses, inondations et autres événements météorologiques dangereux déplacent souvent les gens et sont parfois causés ou aggravés par le changement climatique. Les impacts climatiques dont l'apparition est plus lente comme l'élévation du niveau de la mer et la sécheresse peuvent chasser les gens de leurs maisons au fil du temps. Les effets secondaires du changement climatique, tels que les conflits ou la rareté des ressources, ne sont pas si faciles à définir mais peuvent déclencher des migrations massives.

Pour de nombreuses familles, la migration peut être un choix conscient d'adaptation au changement climatique, en se déplaçant simplement à un autre endroit pour éviter les impacts. Les panélistes ont souligné que les ressources naturelles, la sécurité alimentaire, l'eau potable et l'approvisionnement en énergie sont susceptibles de devenir encore plus rares à l'avenir, forçant encore plus de gens à faire des choix difficiles. Le groupe a souligné que ce n'est pas seulement un problème pour les pays en développement, et que le déplacement se produit partout.

Graphique - Internally Displaced Monitoring Centre (IDMC) et Norwegian Refugee Council

Un grand nombre d'ensembles de données, couplés à des techniques d'entretien qualitatives, facilite maintenant l'identification des délocalisations liées au climat. Les experts ont dressé la liste des effets multiplicateurs:

  • Fréquence et intensité des phénomènes météorologiques extrêmes
  • Pénurie d'eau
  • Productivité des terres en ce qui concerne les moyens de subsistance
  • Sécurité alimentaire
  • Habitabilité des zones côtières
  • Potentiel de conflits liés à la concurrence pour les ressources rares

Selon les spécialistes, les délocalisations en 2015 ont particulièrement été déclenchées par des inondations (56%) ou des tempêtes (43%), associés à des conflits et des catastrophes (Afrique, Moyen-Orient) ou à des catastrophes naturelles (Inde). Cependant, les sécheresses et autres catastrophes environnementales progressives ou récurrentes et lentes ne sont pas intégrées dans les bases de données, car les données sont trop anecdotiques pour être agrégées.

Internally Displaced Monitoring Centre (IDMC) et Norwegian Refugee Council

Élaboration d'un indice pour la vulnérabilité climatique

Un aspect intéressant de la migration et du changement climatique a été mis en avant par Robert Oakes de l'Université des Nations Unies. Il a décrit une enquête réalisée auprès des ménages dans la région du Pacifique, sur les nations insulaires de Tuvalu, Nauru et Kiribati. Sur ces îles, les risques environnementaux ont déjà un impact sur les gens: 95% des ménages interrogés ont connu des catastrophes telles que des cyclones, inondations, l'élévation du niveau de la mer, des intrusions d'eau salée, la sécheresse ou des pluies irrégulières. Ceci a déjà déclenché des migrations, soit vers d'autres îles ou vers l'intérieur, si la possibilité existe.

Cependant, certaines personnes se considèrent comme «populations piégées», ou ont répondu qu'elles auraient migré au cours des 10 dernières années, si elles avaient eu les moyens de le faire. La moitié des personnes qui ont répondu qu'elles ne s'étaient pas déplacés à Nauru et à Kiribati se situent dans ce groupe. Beaucoup ont cité le manque de ressources financières, des problèmes de visa ou de contacts en dehors de leur région pour justifier ce sentiment d'être pris aux piège. Elles font partie des personnes les plus vulnérables, et leur situation a aidé l'UNU à développer un indice de vulnérabilité composé de six facteurs:

  • Facteur économique
  • Éducation
  • Santé et nutrition
  • Logement et environnement
  • Capital social
  • Appartenance sociale

En comprenant la relation entre la vulnérabilité et la migration dans le contexte du changement climatique, la communauté internationale peut mettre en place des politiques qui aident à réduire cette vulnérabilité et à augmenter la capacité d'adaptation des populations de potentiels migrants. Il est important de noter que l'Accord de Paris a établi un groupe de travail pour élaborer des recommandations sur les approches intégrées visant à prévenir, réduire et traiter les déplacements liés aux effets néfastes des changements climatiques.

Notre crise actuelle des réfugiés montre que l'instabilité peut provenir d'un déplacement croissant de personnes dans le monde entier. Les scientifiques ont déterminé un lien clair entre les changements environnementaux et climatiques, la migration et la vulnérabilité. Aller de l'avant, construire des ensembles de données qui renforcent le lien entre les impacts de la migration et du climat peuvent aider les gouvernements à former des politiques d'adaptation qui protègent les plus vulnérables et améliorent les perspectives de la stabilité mondiale.

Ce dernier graphique montre l'ampleur du mouvement mondial humain de l'an dernier.

(Graphique - internal displacement monitoring centre IDMC)

Crédit photo: Peter Haden (Flickr)

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