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Sur ce portail d'actualités de la CCNUCC vous trouverez des informations sur le changement climatique ainsi que les mesures prises par les gouvernements, entreprises, citoyens, l'ONU et la société civile. Vos contributions nous intéressent: contactez nous à press@unfccc.int.

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Cette année sera marquée par un tournant décisif de l’ordre du jour du changement climatique et du développement. Lors de la réunion annuelle 2015 du Forum Économique Mondial de Davos, la plupart des débats entre le secteur public et privé ont porté sur le rôle de l’énergie dans l’évolution de notre modèle de croissance économique. Quatre jours à Davos m’ont amenée à quatre conclusions sur la situation des changements climatiques et de l’énergie :

1. La maturité des énergies renouvelables

L’énergie solaire et éolienne ne sont plus des énergies marginales. En effet, l’investissement dans ces énergies a atteint 312 milliards de dollars en 2014, soit une augmentation de 16% par rapport à 2013. Les coûts diminuent de manière constante. Il y a quelques semaines, un nouveau record a été atteint grâce au contrat d’un montant de 100 MW à 5.98 cents de dollars par kWh signé entre la Dubai Electricity & Water Authority et son fournisseur d’énergie solaire, le conglomérat Saudi ACWA.

Mais le plus impressionnant est peut-être le fait que ce contrat fasse partie d’un projet global d’installation solaire de 1000 MW. La technologie de stockage avance à grands pas tout comme la connaissance sur son intégration dans le réseau électrique national. Durant les trois dernières années, le taux d’accroissement de l’énergie solaire et éolienne n’a pas été constant, mais plutôt exponentiel et tout porte à croire que cette tendance continuera. La chute du prix du pétrole n’a pas eu d’effet majeur sur les énergies renouvelables. Ceci n’est pas dû au fait que le gaz, et non pas le pétrole, soit en compétition directe avec les énergies renouvelables, mais plutôt que celles-ci soient évaluées à un coût nul par rapport au prix des combustibles fossiles volatiles.

2. Un moment de vérité pour l’énergie fossile

La chute du prix du pétrole interpelle les entreprises d’énergies fossiles, car elle entraîne le retirement de produits tels que le goudron et les projets de forage en eaux profondes et en Arctique du marché. D’après la presse, au moins cinq des entreprises pétrolières les plus importantes ont dû se retirer de projets coûteux le mois dernier. Les derniers en date comprennent plusieurs concessions d’exploration en Arctique qui ont été rendues au Groenland la semaine dernière. Le risque de perte de capital n’est plus un concept de niveau académique, mais bel et bien une réalité économique pour les actionnaires. De plus, certains pays profitent de la chute des prix pour diminuer voire pour supprimer les subventions qu’ils accordaient à l’énergie fossile et réinvestir ce budget dans d’autres secteurs sociaux. Lorsque le prix du pétrole aura réaugmenté mais ne sera plus subventionné, il sera rudement concurrencé par les prix décroissants de l’énergie solaire et éolienne. L’an dernier déjà, l’indice boursier de l’énergie fossile, le FFIUS, a dépassé le S&P de 1.5 %. L’industrie du pétrole et du gaz pourrait être face à un « moment Kodak », et seulement les entreprises qui ont compris que la roue tourne pourront bénéficier d’une transition méthodique et rentable.

3. Direction commerciale

De plus en plus de sociétés commerciales prennent conscience à la fois de la menace à caractère effréné des changements climatiques et des opportunités offertes par une économie faible en carbone. Beaucoup d’entreprises se réorientent vers des secteurs pauvres ou nuls en carbone, car elles ont intégré d’une part qu’une reconversion est inévitable et d’autre part, que les premiers à effectuer ce changement auront un avantage certain. De plus, elles espèrent encourager des politiques de développement international. En septembre dernier, plus de 1 000 entreprises et 70 gouvernements ont lancé un appel pour mettre un prix sur le carbone. A Davos, la semaine dernière, la B-Team a annoncé une initiative en invitant à 1 000 entreprises à demander aux gouvernements d’atteindre, d’ici à 2050, un taux d’émissions zéro. Les entreprises ont un rôle de plus en plus important dans ce domaine.

4. L’effet porte ouverte

Lors du forum de Davos, tout comme dans beaucoup de débats, les discussions ont porté sur le rapport entre les changements climatiques et le développement durable. Ils sont clairement étroitement liés. Il est indéniable que si l’on n’agit pas sur les changements climatiques à temps, tous les bénéfices liés au développement seront soumis à une menace économique et sociale permanente due à la fréquence accrue et à l’intensité des désastres naturels qui peuvent facilement détruire les habitations, les infrastructures et les terres cultivées. D’un point de vue purement climatique, ce type de vulnérabilité consiste en partie en le besoin urgent de renforcer notre résilience face à ces changements.

Les politiques et technologies de réduction de gaz à effet de serre peuvent donc être considérées comme le passage nécessaire pour un développement durable à long terme. Cette passerelle constitue le seul moyen d’éviter un blocage autodestructeur du développement, dont les conséquences vont bien au-delà du blocage technologique que l’on envisage habituellement. Cette étape est un bon investissement et non un fardeau notamment parce que la plupart des mesures prises pour lutter contre les changements climatiques (énergie renouvelable, efficacité énergétique, agriculture et transports intelligents, …) ne contribuent pas seulement à une gestion des gaz à effet de serre, mais concourent aussi au développement durable grâce à une énergie et une sécurité alimentaire et de l’eau accrues, et une meilleure santé publique.


En conclusion, Davos a permis de rapidement développer la compréhension de la volonté économique et de la capacité technique pour relever le défi des changements climatiques. Il faisait très froid dans ce village alpin, mais le soleil brillait et les montagnes apparaissaient de manière majestueuse, nous invitant à un autre niveau de compréhension et d’efforts. J’ai rencontré les PDGs des principales entreprises dans les domaines de l’énergie, du ciment, de l’automobile, des transports aériens et des produits de consommation. J’ai également rencontré les principaux philanthropes, investisseurs et institutions financières multilatérales. J’ai rencontré des militants, entrepreneurs et des think tanks. J’ai partout entendu un engagement à la prise de mesures accru pour cette année critique et au-delà. J’ai quitté Davos sachant que l'avenir ne sera pas limité par le passé, et que le potentiel prometteur de du futur catalyse le présent. C’est un bon endroit où se trouver, alors que nous nous dirigeons vers la COP 21 de Paris.

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