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Par Christiana Figueres, Mario Molina et Joseph Alcamo

Dans quelques jours à peine, le Secrétaire général de l’ONU va accueillir un grand sommet sur le climat. Il s’agirad’une manifestation permettant à des chefs d’État, à des villes, à des organisations et à des entreprises d’annoncer de nouvelles initiatives importantes pour lutter contre l’évolution du climat à court et à moyen terme.

Il s’agira également d’une manifestation permettant d’obtenir une perspective ambitieuse, scientifiquement crédible et claire de l’orientation que doit adopter le monde à longue échéance.

Des initiatives audacieuses sont manifestement nécessaires pour ralentir l’augmentation des émissions avant 2020, atteindre un maximum d’émissions peu après et mettre rapidement en place des politiques susceptibles d’aboutir à un développement propre et caractérisé par une grande capacité de reprise.

Cependant, tout comme un jeune adulte qui planifie sa carrière, un maire qui envisage la démographie à venir ou une entreprise qui définit une stratégie commerciale, il convient d’établir une vue à long terme de notre avenir dans une cinquantaine d’années.

Cette vision à long terme, c’est la neutralité climatique dès que possible lors de la deuxième moitié du XXIe siècle.

Le cinquième Rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) démontre largement que les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront être nulles ou presque nulles d’ici la fin du siècle si nous voulons atteindre l’objectif d’une hausse de la température mondiale inférieure à 2 °C.

Et c’est là la meilleure garantie que les populations pauvres et vulnérables s’éviteront des conséquences encore plus graves telles que vagues de chaleur, récoltes déficitaires, inondations et pénuries d’eau, qui vont menacer de plus en plus leur existence et leurs moyens de subsistance. Des émissions continuelles et sans répit posent un risque inacceptable d’entraîner notre système climatique vers des changements potentiellement irréversibles qui auront des incidences extrêmement dommageables pour tous les secteurs de la société.

Soyons clairs. La neutralité climatique n’aboutira ni au nirvana ni à un nouvel univers: elle consistera en fait à réduire de façon draconienne les émissions actuelles de gaz à effet de serre au point que nous atteignions un équilibre entre les émissions qui pénètrent dans l’atmosphère et la capacité de la Terre à les absorber.

Il faudra pour cela établir un plan pour passer des émissions considérables que nous connaissons aujourd’hui – y compris, au départ, grâce à des droits certifiés d’émission de carbone – à une décarbonisation approfondie de l’économie mondiale avant d’aboutir enfin à une société des nations neutre sur le plan climatique.

Il faudra aussi transformer rapidement la façon dont nous évaluons des écosystèmes sains pour que la nature continue de jouer un rôle de plus en plus primordial dans l’élimination du carbone présent dans l’atmosphère.

Il sera nécessaire, dans ce but, d’investir massivement dans une énergie plus propre et plus verte en matière de transports et de bâtiments et dans une gestion plus intelligente permettant de soutenir, de développer et de remettre en état les zones côtières, les forêts et les sols.

Dans l’ensemble, cette voie de développement économique sera beaucoup moins coûteuse pour la totalité de la planète en évitant les coûts potentiellement énormes associés aux incidences des changements climatiques. En outre, elle sera intéressante pour l’emploi avec la construction de bâtiments écologiques, l’édification de systèmes de transport à faible consommation d’énergie ainsi qu’à d’autres infrastructures et à une gestion des ressources naturelles favorables au climat.

Il va de soi que ces activités seront ambitieuses et se dérouleront sur le long terme, mais elles doivent être considérées comme tendant vers un objectif à atteindre à terme afin que les décisions prises aujourd’hui s’inscrivent dans la durée.

La neutralité climatique peut apparaître comme une œuvre gigantesque en 2014, avec des émissions mondiales qui continuent d’augmenter malgré la pénétration croissante des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique dans de nombreux pays et des mesures permettant de gérer de façon durable des patrimoines tels que les forêts.

Cependant, certains pays tendent déjà vers le long terme et orientent leurs économies dans ce sens, depuis le Bhoutan et le Costa Rica jusqu’à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Suède et la Suisse.

De nombreuses villes affiliées à des associations telles que l’ICLEI et le groupe C40 s’engagent à atteindre des objectifs ambitieux à long terme qui, dans certains cas, visent à une réduction des émissions de 80, 90 ou même 100 %. Ces agglomérations urbaines novatrices vont de Copenhague et de Stockholm à Oslo et à Seattle.

Des entreprises visionnaires, nombre desquelles ont des noms de marque connus sur Internet, dans la haute technologie et dans le secteur bancaire, en font autant.

Le sommet organisé par le Secrétaire général de l’ONU va élever les ambitions en vue de la réunion concernant les conventions des Nations Unies sur le climat, qui aura lieu plus tard cette année à Lima, au Pérou, et de la réunion de Paris, en France, prévue pour fin 2015 sur le même thème.

À Paris, les nations ont résolu de signer un nouvel accord susceptible de marquer un tournant en vue d’abaisser la courbe actuelle des émissions de gaz à effet de serre et d’aider les populations pauvres et vulnérables à mieux s’adapter à l’évolution du climat déjà en cours.

Toutefois, selon la science, ce n’est pas la fin si nous voulons éliminer réellement la pauvreté et atteindre notre objectif collectif en matière de sécurité.

Seule une vision à long terme de la neutralité climatique pendant la deuxième moitié du XXIe siècle peut nous permettre d’y parvenir et d’ouvrir une perspective réelle et passionnante pour plus de neuf milliards de personnes quant à un monde sain et en forme pour les générations à venir.

Christiana Figueres est la Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Mario Molina est lauréat du Prix Nobel de chimie et Président du Centre Molina de l’Énergie et l’Environnement, et Joseph Alcamo est le directeur du Centre de recherche sur les systèmes environnementaux de l’Université de Cassel et ancien scientifique en chef du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.

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