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Crédit photo: Bob Mical, Flickr

Les grandes entreprises de technologie de l'information et de la communication (TIC) intensifient leurs efforts pour réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre (GES) et décarboner l'économie mondiale dans son ensemble. Plusieurs entreprises manifestent d’ailleurs leur volonté de joindre le geste à la parole. L’initiative Élan pour le changement des Nations Unies présente quelques-uns des meilleurs exemples qui montrent comment ce secteur peut exercer un rôle déterminant pour la réduction des émissions au cours des 15 prochaines années.

Motivé à la fois par les consommateurs qui souhaitent voir les entreprises de TIC lutter contre le changement climatique de leur mieux et sur une base économique sensée, ces entreprises utilisent de plus en plus les énergies renouvelables, principalement les énergies éolienne et solaire. Par exemple, les multi-millions investis par Google dans les énergies renouvelables comprennent un parc éolien suédois et une centrale solaire au Chili. Facebook Inc. s’est récemment donné pour objectif d’alimenter la moitié de ses opérations à l'énergie propre d’ici fin 2018, avec l’objectif final d'atteindre 100%. Adobe a promis d'alimenter la totalité de ses activités grâce à 100% d'électricité renouvelable d'ici 2035.

Compte tenu de son besoin considérable en énergie, le secteur des TIC reste une source nette d'émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les centres de données utilisés pour alimenter les services numériques contribuent actuellement à hauteur d’environ à 2% des émissions mondiales de GES – à égalité avec le secteur de l'aviation.

La situation peut évoluer. Selon le Global e-Sustainability Initiative (GeSI), les TIC ont le potentiel de réduire les gaz à effet de serre mondiaux  de 20% d'ici 2030, en aidant les entreprises et les consommateurs à utiliser et économiser l'énergie

Luis Neves, président du GeSI, est optimiste en ce qui concerne la capacité de l'industrie à devenir complètement durable. « Les résultats de nos recherches indiquent un monde connecté grâce aux TIC plus propre, plus sain et plus prospère d’ici 2030, avec de davantage d’opportunités pour les gens partout dans le monde. »

Luis Neves affirme que les émissions évitées grâce à l'utilisation des TIC sont déjà près de dix fois supérieures aux les émissions générées pour les déployer. Comme le montre le graphique ci-dessous, le secteur pourrait contribuer à éviter la production d'environ 12 gigatonnes de CO2 d’ici 2030.

Trajectoire des émissions de CO2e du secteur digital d’ici 2030, comparée au scénario du statu quo. Graphique : GeSI, #SystemTransformation report (2016)

 

Utilisation des TIC pour la durabilité au travers de différents secteurs

D’après le rapport GeSI’s « Smarter 2030 », en plus d’accroître le rendement des cultures agricoles de 30%, d’économiser plus de 300 billions de litres d'eau et 25 milliards de barils de pétrole par an, les TIC pourraient générer la somme étonnante de 11 billions de dollars des États-Unis  de retombées économiques d'ici 2030.

La courte vidéo de GeSI de lancement du rapport « Smarter 2030 » montre comment les solutions offertes par les TIC stimuleront une croissance durable à travers le monde, avec 2,5 milliards de personnes de plus connectées aux services TIC et 12 gigatonnes de CO2 économisées dans le secteur des entreprises. D’une veille  SMART de la consommation d'énergie aux applications agricoles, la vidéo présente l’impact mondial potentiel des TIC dans la prochaine décennie.

L’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a récemment lancé un programme qui fait usage d’un nouveau logiciel fourni par Google pour résoudre les problèmes relatifs au changement climatique, à la déforestation et la production alimentaire.

La plate-forme en ligne utilise des images satellitaires de haute résolution pour surveiller l'environnement, y compris les changements dans l'utilisation des terres et du couvert forestier. Le logiciel est ouvert à tous, des scientifiques aux citoyens, et aide les usagers à se passer de la collecte intensive de données.

L’initiative Élan pour le changement des Nations Unies présente des exemples d’actions climatiques du secteur des TIC

L'ONU s’enthousiasme de présenter des solutions novatrices dans le secteur des TIC qui peuvent jouer un rôle majeur dans la réduction des émissions mondiales de GES. Élan pour le changement, une initiative de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), a établi un partenariat avec GeSI pour ce faire par le biais de ses activités Phares.

Les activités phares célébrées par Élan pour le changement et GeSI s’étendent de l'initiative Mobisol Smart Solar Homes qui combine l'énergie solaire, la technologie mobile et la microfinance pour amener l'énergie propre aux foyers en zones rurales au Rwanda et en Tanzanie à la marque Fairphone, qui produit des smartphones durables et sécurisés qui se concentre sur l’éthique de ses chaînes d'approvisionnement, les droits des travailleurs et la durabilité du produit.

Politiques et innovation technologique, facteurs cruciaux pour la réduction des émissions du secteur

L'innovation est clé pour la réduction des émissions des GES, à la fois en ce qui concerne la technologie et les politiques de financement. Élan pour le changement présente la taxe carbone de Microsoft comme un exemple particulièrement réussi. La taxe agit  comme un prix marginal sur les émissions associées aux opérations mondiales de la société pour les centres de données, les bureaux, les laboratoires, les usines de fabrication, et les déplacements professionnels aériens.

Cela a permis de réduire les émissions de Microsoft à l'échelle du pays à hauteur de 7,5 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone, par le biais d’investissements dans plus de 10 milliards de kilowattheures d'énergie verte et à travers des projets de développement communautaire de compensation carbone aidant plus de 6 millions de personnes dans le monde entier.

Une plus grande responsabilité est aussi un outil politique dont le secteur des TIC se sert de plus en plus afin pour s’écologiser. Le réseau d'entreprises à but non lucratif BSR a développé un ensemble de principes pour  atteindre les objectifs de développement durable, tels que le partage des données sur la consommation d'énergie des clients, et la divulgation des sources d'énergie.

En terme d'innovation, Google a adopté une approche légèrement différente dans sa dernière tentative de réduction de son empreinte carbone. La compagnie a récemment commencé à utiliser l'intelligence artificielle pour gérer ses centres de données, ce qui a réduit la consommation totale d'énergie des centres de 15% et réduit l'utilisation d'énergie pour le refroidissement des centres de données de 40%.

Le système d'intelligence artificielle DeepMind utilise une technologie de réseau neuronal qui reproduit le système nerveux central humain grâce à des algorithmes élaborés. Mustafa Suleyman, co-fondateur de DeepMind, a déclaré que le niveau de complexité et le nombre de variables signifient qu’une machine qui apprend les e  algorithmes pourrait surpasser un être humain dans le travail de gestion de centres de données.

Donc, quel que soit l'avenir des TIC, en matière de lutte contre le changement climatique, et de manière générale, nous pouvons nous attendre à de nombreux et fascinants nouveaux développements.

Crédit photo: Bob Mical, Flickr.

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