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Crédit photo: kov-A-c, Flickr

L'Organisation internationale de l'aviation civile de l'OACI a mis en garde sur le fait que l'industrie aéronautique doit se préparer à affronter de graves perturbations dues aux changements climatiques et l’encourage à faire pleinement usage des technologies propres et des politiques permettant de réduire sa propre empreinte carbone.                                                     

Le rapport 2016 de l’OACI sur l’environnement indique que les changements dans l'atmosphère, provoqués par la hausse des températures mondiales, auront une incidence sur la capacité de l'avion à voler, tandis que l'élévation du niveau de la mer affectera les aéroports.

Par ailleurs, les aéroports peuvent devenir plus durables en utilisant par exemple uniquement des énergies renouvelables. En outre, le secteur peut compenser ses émissions grâce aux marchés du carbone et au Mécanisme de Développement Propre des Nations Unies.

Les conditions climatiques extrêmes pourraient avoir un impact immensurable

Il s’agit entre autres de vents plus forts qui entraveront la capacité des avions à décoller et augmenteront la turbulence pendant le vol, mais aussi des incidents de givrage et des tempêtes de poussière qui mettront le moteur en danger.

La planification des départs aux heures plus fraîches est déjà pratique courante au Moyen-Orient, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

Le rapport note que l'élévation du niveau de la mer affectera les aéroports côtiers. 20 des 46 aéroports de la Norvège sont considérés comme «très exposés» à  ces changements venir.     

Les effets des changements climatiques sur les directions et la vitesse des courants-jets vont modifier les itinéraires de vols optimaux, les durées de voyage et la consommation de carburant, et augmenter la probabilité de turbulence, même dans des conditions de vol en «clean air »

La tendance au réchauffement augmente également le risque d’incidents de givrage pendant les vols, tandis que les périodes de sécheresse et des vents plus sévères sont susceptibles d'augmenter la fréquence et l'intensité des tempêtes de poussière qui affecteront la performance et l’entretien des moteurs

L’industrie aéronautique commence à prendre des mesures de développement durable

Dans son rapport, l'OACI met l'accent sur l'importance de l'adaptation et la capacité de résilience de l'industrie, tout en continuant à prendre des mesures climatiques pour réduire les émissions d’un secteur à haute intensité carbone.

 Alors que les recherches sont menées sur des combustibles de substitution durables, l'OACI rappelle que les technologies innovantes offrent déjà la possibilité de réduire l'empreinte carbone d'un avion. Les avions produits aujourd'hui sont 80% plus économes en carburant que ceux produits dans les années 1960.

 La nouvelle norme de certification des émissions de  CO2 pour les avions, établie par le comité de la protection de l'environnement en aviation (CAEP), première norme mondiale pour les émissions de CO2 de tous les secteurs, s’appliquera aux nouveaux types d’avions à partir de 2020 et aux modèles en conception qui entreront en production à partir de 2023, assurant des avions sobres en énergie

Face aux limites de la quantité de carburant qu'un fret lourd peut économiser, le rapport de l'OACI mentionne l'utilisation de systèmes de circulation aussi appelés systèmes « e-Taxi », et de l'énergie solaire pour les vols domestiques –utilisant l’énergie renouvelable pour maintenir la puissance en cours d'exécution lorsque les avions sont en phase stationnaire.

Des économies peuvent aussi être réalisées en améliorant la performance énergétique  des infrastructures aéroportuaires.  L'aéroport international de Cochin en Inde est le premier aéroport au monde fonctionnant entièrement à l'énergie solaire. Plus de 46.000 panneaux solaires installés sur 45 acres de terrain à proximité du complexe de fret aérien fournissent à l'aéroport suffisamment d'électricité pour alimenter l'ensemble de ses fonctions opérationnelles, rendant ainsi l’aéroport totalement indépendant en énergie

 Aéroport de Cochin. Image: Aéroport international de Cochin  

Le marché du carbone et le Mécanisme de Développement de l'ONU apportent plus de flexibilité et soutiennent la compensation les émissions dans le secteur de l'aviation

En février dernier, l'OACI a annoncé avoir convenu à une norme internationale de dioxyde de carbone, qui conduira à un meilleurrendement énergétique des avions. Les spécialistes des Nations Unies travaillent par ailleurs sur une mesure basée sur le marché.

Le Mécanisme de Développement Propre de  l'ONU (MDP) représente un outil important pour la compensation des émissions de carbone. Le plafonnement et l’échange fonctionnent ainsi comme : Des entités usine, ville, pays, la compagnie aérienne, situées sous un plafond d'émissions, et qui réussissent à maintenir leurs émissions en déca de leur plafond peuvent vendre leurs unités d'émissions excédentaires aux entités qui ont été incapables de réduire les émissions en dessous de cette limite.

De même, les projets du MDP dans les pays en développement peuvent gagner un bond d’émission commercialisable en réduisant les émissions en dessous du statut quo, bond qui pourra être vendu à une entité qui en aura besoin, par exemple à une compagnie aérienne.

L'OACI  travaille avec la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques pour créer les premières méthodologies pour un mécanisme de développement propre dans l’aviation.

Le rapport de l'OACI identifie les systèmes e-Taxi pour le fret lourd et l'énergie solaire pour vols domestiques comme deux méthodologies MDP qui peuvent être déployées par le secteur de l'aviation

Même avec des mécanismes tels que le MDP et les nouveaux mécanismes basés sur les marchés, il sera difficile pour le secteur de l'aviation de décarboniser son activité. Il n’y a donc pas de temps à perdre

Les compagnies aériennes estiment que le transport aérien va croître en moyenne de l'ordre de 5% par an jusqu'à 2034.

Selon un rapport publié par CarbonBrief, si aucune action n’est prise, les émissions du secteur aéronautique pourraient d’ici 2050 représenter 27% du  «quota carbone» minimal permettant de maintenir la hausse des températures en dessous de 1.5°C.

cliquez ici pour lire le rapport complet de l'OACI  sur l'environnement (en anglais).

Crédit Photo: kov-A-c, Flickr

 

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