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Crédit photo: Joshua Mayer / Flickr

Action mondiale pour protéger, restaurer et gérer durablement les forêts

Marrakech (Maroc), le 8 novembre. Aujourd'hui, les dirigeants de l’action mondiale pour la protection, la restauration et la gestion durable des forêts ont annoncé une série de mesures qui démontrent que des progrès concrets sont en cours dans la mise en œuvre des engagements climatiques de l’Accord de Paris et des Objectifs de développement durable (ODD).

Plus d'une douzaine d'initiatives, de l'Afrique à l'Indonésie en passant par l'Amérique du Sud montrent que des mesures d'atténuation et d'adaptation liées aux forêts et à l'agriculture sont fermement ancrées dans les contributions nationales de plus de 120 Parties à la Convention climat.

L'annonce intervient également deux ans après la Déclaration de New York sur les forêts, un engagement ambitieux de plusieurs parties prenantes visant à réduire la déforestation de moitié d'ici 2020 et à s'efforcer de mettre fin à la disparition progressive de la forêt primaire d'ici 2030.

La Journée d'Action sur la Forêt à la Conférence de Marrakech sur les changements climatiques (COP22) s'inscrit dans le cadre du programme de l’Action mondiale pour le climat (AMC), une initiative de la France et du Maroc pour stimuler la coopération entre gouvernements, villes, entreprises, investisseurs et citoyens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et aider les nations les nations vulnérables à s’adapter aux impacts du changement climatique et bâtir leurs propres avenirs durables, fondés sur les énergies propres.

"La conservation, la restauration et la gestion des forêts sont essentielles pour atteindre les objectifs de développement durable mondiaux, y compris dans la lutte contre la désertification et pour la sécurité de l'eau", a déclaré Abdeladim Lhafi, Haut-Commissaire pour l'eau, les forêts et la lutte contre la désertification du Maroc, co organisateur de l’événement. "C'est pourquoi le gouvernement marocain annonce une nouvelle initiative, "Action renforcée en faveur des forêts dans la région méditerranéenne et sahélienne dans le contexte du changement climatique (AFMS)”, pour aider les pays à atteindre leurs engagements multilatéraux sur les forêts, qui incluent à la fois des mesures d'adaptation et d'atténuation dans le cadre de l'Accord de Paris, et faciliter les investissements climatiques pour améliorer la gestion des forêts et renforcer la résilience des communautés tributaires des forêts".

"Les forêts constituent l'une des ripostes de plus grande envergure et les plus rentables à notre disposition pour relever le défi du changement climatique", a déclaré Helen Clark, administratrice du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et co organisatrice de l'événement. "Les pays, la société civile, le secteur privé et les peuples autochtones collaborent vaillamment pour protéger les forêts et afin de limiter le réchauffement planétaire à moins de 2°C au dessus des niveaux préindustriels, conformément aux objectifs de l'Accord de Paris".

Des forêts plus saines contribueront non seulement à lutter contre le changement climatique, mais contribueront également à de nombreux autres objectifs de développement durable en fournissant de la nourriture, des revenus, des combustibles et des abris, a déclaré René Castro Salazar, sous-directeur général du secteur de la foresterie de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui a également co-organisé l'événement.

"Le défi ‘zéro-faim’ des objectifs de développement durable ne peut pas être atteint d'ici 2030 sans traiter le changement climatique, et le changement climatique ne peut pas être traité sans une gestion durable des forêts mondiales", a-t-il ajouté.

La déforestation et la dégradation des forêts contribuent actuellement jusqu’à 12% des émissions carbonées, soit davantage que le secteur des transports dans son ensemble. Cependant, en mettant fin à la déforestation et en réduisant la dégradation des forêts jusqu’à en inverser la tendance, les forêts pourraient contribuer de manière significative à la résoudre le problème climatique dans les décennies à venir.

Plus d'une douzaine d'annonces ont été faites lors de la séance d'aujourd'hui, dont:

  • Le Moratoire sur la compensation des tourbières indonésiennes : Le gouvernement indonésien a annoncé qu'il est en train de mettre en œuvre un moratoire sur la conservation des tourbières encore intactes et qui contiennent d’importants stocks de carbone. La mesure annoncée aujourd'hui s’ajoute à l'annonce faite par le président indonésien Joko Widodo lors de la Journée d'Action pour les Forêts de l'année dernière à Paris, de mettre fin aux nouvelles concessions de tourbières existantes, et d’examiner les existantes.
  • La Planification forestière pour la paix en Colombie : Au cours des trois dernières années, la déforestation a été réduite de 50% par rapport à la moyenne enregistrée entre les années 1990 et 2010. La Colombie, en concordance avec le processus de paix en cours dans le pays, a annoncé son plan de fermer la frontière forestière, élément clé d'un futur post-conflit. Les efforts portent notamment sur le développement des terres non forestières, la mise en œuvre d'une réforme foncière solide et le placement de vastes étendues de forêt sous le contrôle des peuples autochtones.
  • Le Leadership africain sur le développement durable : le partenariat public-privé de l'Alliance des forêts tropicales 2020 a annoncé l'initiative africaine sur l’huile de palme, une nouvelle déclaration régionale de principes traçant une voie pour le développement responsable de ce produit dans l'une des régions productrices à plus forte croissance. Grâce à cette initiative, les gouvernements africains se sont engagés au plus haut niveau à apprendre des expériences passées du secteur en Asie, et à éviter le grave déboisement causé par le secteur de l'huile de palme. En outre, l'initiative pour les forêts d'Afrique centrale, qui comprend six pays d'Afrique centrale couverts de forêts (Cameroun, République centrafricaine, Congo, RDC, Guinée équatoriale et Gabon), a franchi une étape importante depuis la COP21 sur la route de la mise en œuvre des cadres de développement durable dans la région par le biais de la signature d'une lettre d'intention de 200 millions de dollars en appui au mécanisme REDD + et à des investissements de développement responsables et inclusifs.
  • La transformation brésilienne: le Code forestier brésilien est un outil concret pour éviter la déforestation illégale, accroître et consolider les processus de conservation, de gestion et de restauration des forêts sur le terrain et pour donner de la valeur ajoutée durable au secteur de l'agriculture, y compris le bétail, du pays. La stratégie multipartite de Production, Conservation et Inclusion (PCI) au Mato Grosso, au Brésil, permettra simultanément de réduire de 90% la déforestation en Amazonie d'ici 2030, d'accroître la production agricole et de promouvoir l'inclusion socioéconomique des petits exploitants et des populations traditionnelles.
  • La technologie révolutionnaire pour la transparence : un nouveau partenariat entre la FAO et Google a créé “Collect Earth”, un outil open source qui permet d'accéder à de vastes collections d'images satellitaires gratuites et à haute résolution et de cloud informatique. Cela permet aux pays de produire des estimations rapides et rentables de l'utilisation des terres et du changement de l'utilisation des terres, tout en augmentant l'exactitude des estimations de réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts. Cela permet aussi l’amélioration de la fiabilité nécessaire aux paiements fondés sur le rendement. Une récente évaluation des terres arides à l’aide de l’outil Collect Earth a révélé l'existence de 1,11 milliard d'hectares de forêts, soit 27% de la couverture forestière mondiale, et de 13,5 milliards d'arbres en dehors des forêts, dans les zones arides du monde. Jusqu'à présent, plus de 700 experts nationaux ont été formés à l’utilisation de Collect Earth dans plus de 30 pays, ce qui appuiera ces derniers à contribuer à la mise en œuvre de l'Accord de Paris.

À Propos du programme de l'action mondiale pour le climat

Les deux Championnes de haut niveau pour le climat ont élaboré un programme détaillé visant à stimuler la coopération entre les gouvernements, les villes, les entreprises, les investisseurs et les citoyens afin de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre et d'aider les pays vulnérables à s'adapter aux impacts climatiques et à se construire un avenir durable fondé sur les énergies propres. Le Programme de l’Action mondiale pour le climat est un soutien essentiel et un catalyseur à la mise en œuvre rapide et effective de l'Accord de Paris sur les changements climatiques.

Quelques mots des Championnes

« Un an après la COP21, la forte dynamique de l’action climat continue de se renforcer. Alors que nous nous réunissons à Marrakech, le temps est venu de commencer à faire le point sur ce qui a été accompli au cours de l’année passée.

Pour être en harmonie avec les objectifs à long terme, tous les acteurs devront collaborer, pas seulement pour atteindre les objectifs nationaux des NDC, mais pour les dépasser et combler le fossé des émissions. Cette urgence devrait tous nous guider vers une accélération des efforts immédiats et la mise en œuvre de mesures ambitieuses. Nous devons identifier les options politiques concrètes et les outils que nous devrons mobiliser à court terme.

Les données scientifiques sont claires : la voie qui mène à l’atteinte des objectifs à long terme doit nous amener à une culmination des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. C’est un défi, et nous en sommes encore loin.

Selon les tendances actuelles, nous serons en 2030 entre 11 et 14 gigatonnes au-dessus des valeurs compatibles avec l’Accord de Paris. Le but de ces journées thématiques à la COP22 est de renforcer tous les efforts et de les faire passer au niveau supérieur pour pouvoir rester dans le champ de nos objectifs, à savoir rester bien en-dessous de la limite des 2°Cm et si possible des 1.5°C, accroître les capacités en adaptation et résilience, et réorienter les flux financiers. Il est de notre responsabilité, en tant que championnes, de faire le lien entre le monde réel et le processus de la COP. Les dirigeants politiques du monde entier devraient écouter et s’inspirer des solutions que nous avons à portée de main. »

Hakima El Haite, Championne de haut-niveai pour le climat du Maroc et Laurence Tubiana, Championne et Ambassadrice pour les négociations sur le changement climatique de la France

Informations supplémentaires :

Marrakech

  • Simon Rietbergen
    simon.rietbergen@fao.org +212682858367
  • Charles McNeill
    charles.mcneill@undp.org+212655667215
  • Maryka Paquette
    maryka.paquette@undp.org +212655666826

Rome

  • Maria De Cristofaro
    maria.decristofaro@fao.org +39 06 57052120

Autres Contacts

UNFCCC : Matthew Phillips | mphillips@unfccc.int | +212 (0) 688 006 615
Équipe de Mme Tubiana : Marie Jaudet | marie.jaudet@cop21.gouv.fr | +33664402246
Équipe de Dr. El Haité : Anne Testuz | anne@atestuz.com | + 212 (0) 634 616 437

Pour suivre l'action climatique mondiale
Sur le web : http://newsroom.unfccc.int/climate-action/
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