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Crédit photo: Projet artistique international environnemental des zones humides de Cheng-Long - "Terre", de Marisa Merlin

Cet article fait partie de notre série #Art4Climate, initiative conjointe de la CCNUCC et de Julie’s Bicycle, qui présente le travail d'artistes qui rendent la question complexe du changement climatique plus accessible et compréhensible grâce à leur travail.

Chaque printemps, la vie végétale et les œuvres d'art fleurissent dans les zones humides de Cheng Long, à Taiwan, province de Chine. Pendant quelques mois, des installations artistiques faites de bambou et de coquillages sensibilisent les gens aux problèmes environnementaux. Les œuvres d'art, créées de matériaux naturels, sont alors abandonnées jusqu'à se désintégrer pour être reconstruites et ramenées à la vie l'année suivante, presque comme dans le cycle de la nature, mais opéré cette fois par la main de l'Homme.

Entamé en 2010, et dont le prochain événement  aura lieu en avril, le Projet artistique international environnemental des zones humides de Cheng-Long a contribué à l'éducation environnementale de nombreux enfants et villageois de Cheng Long, dans le comté rural de Yunlin, sur la côte sud-centrale.

Les artistes internationaux et locaux sont invités à rester au village pendant environ 25 jours et à travailler avec les enfants de l'école primaire locale pour sculpter des installations environnementales en utilisant des matériaux locaux tels que roseaux, bois à la dérive, bambous, huîtres et coquillages, tout comme des matériaux recyclés trouvés au centre de recyclage. Les œuvres d'art sont spécifiquement conçues pour les sites extérieurs où ils se trouvent.

"Les espèces envahissantes", de Roy Staab (États-Unis), en coquilles d'huîtres et bambous: le motif géométrique formé par les bambous évoque aux spectateurs la forme d'un poisson

Le projet aide d'une certaine manière les populations locales à faire face aux conséquences du changement climatique qui sont ressenties depuis plus de 25 ans à Cheng Long, et qui exercent une pression sur l'économie locale. L'agriculture est devenue impossible en raison de l'affaissement des terres et des inondations d'eau de mer. Les quantités d'eau augmentent chaque année, si bien que les rizières ont été transformées en fermes de pisciculture. Une réserve naturelle a aussi été créée. Jane Ingram Allen, conservatrice et responsable du projet, a déclaré avoir remarqué que le climat est devenu plus extrême, avec des typhons plus fréquents et plus forts qui causent des pluies trop abondantes, en alternance avec des périodes de sécheresse.

Fiers des zones humides

L'initiative artistique a été avantageuse à bien des niveaux pour la communauté locale. Elle a permis aux résidents de présenter leur village et de rencontrer les visiteurs d'autres régions et même d'autres pays. La communauté a commencé à s'enorgueillir de ses zones humides. Cela a changé leur point de vue - les zones humides sont maintenant davantage considérées comme un atout plutôt que comme un facteur à risque.

"Cette oeuvre d'art attire l'attention sur le sort de cette zone. Elle fournit également quelques indices discrets sur la façon de vivre dans ces zones humides qui ont repris les anciennes terres agricoles en faisant surgir les maisons sur pilotis au-dessus de l'eau, en faisant surgir des plates-formes flottantes ou en entraînant la culture de plantes tolérantes au sel. Cette oeuvre a aussi augmenté le tourisme qui amènent les visiteurs à voir la beauté des ces zones et à apprendre à connaître les oiseaux et les créatures qui y ont maintenant élu domicile", a déclaré Jane Allen.

Des allusions à ceci peuvent être décelées dans certaines œuvres d'art antérieures, consistant de structures impressionnantes émergeant des zones humides.

En 2015, l'artiste suisse-allemand Roger Rigorth a utilisé des bambous et des cordes de sisal pour construire des structures souples en forme de bouteilles dans les zones humides. L'idée était de créer des navires symboliques qui retiendraient l'eau, qui fusionneraient avec l'âme spirituelle de l'eau. La forme de ces vaisseaux est celle des noyaux de fruits.

"Noyau d'eau", de Roger Rigorth, réalisé en bambou et corde de sisal 

 

"Le noyau est ce qu'il reste quand vous mangez une pomme, le noyau contient encore la chose la plus importante: les graines. La pomme est mon symbole pour cette planète. Beaucoup de gens pensent encore que nous avons la pomme entière, mais il me semble, personnellement, qu'il n'en reste pas beaucoup plus que ce noyau", dit Rigorth.

Cette année, l'Écossais Rob Mulholland utilisera également du bambou pour créer une grande sculpture en forme de cube, dont le centre se désintègre de manière visuelle. Intitulée "Équilibre délicat", l'oeuvre représente le changement constant dans la relation entre les gens et l'environnement.

Événement artistique en avril pour sensibiliser au changement climatique 

Sur le thème "Agissez - vivez avec le changement", l'événement artistique de cette année aura lieu du 13 avril au 8 mai, et vise à sensibiliser le public au changement climatique, et à démontrer que les gens peuvent agir sans simplement accepter ce qu'il se passe. 

Bien que les œuvres d'art soient éphémères et naturellement biodégradables, Allen est convaincue qu'elles ont déjà un impact, et que celui-ci sera durable et encourageant pour les gens qui viennent voir le projet. "Maintenant je vois beaucoup plus de plantes et de jardins potagers dans le village, et dans l'ensemble, tout a l'air beaucoup mieux", affirme-t-elle. 

Selon elle, l'importance de l'art dans la lutte contre le changement climatique permet principalement de porter l'attention des gens sur la question, et de faire naître des réflexions à propos des solutions. 

"Normalement, l'art ne résout pas les problème et n'entraîne pas de changement concret, mais il peut faire pivoter les esprits, et élargir le débat sur les questions environnementales au public", pense-e-elle. "Les zones humides sont des domaines vitaux pour l'environnement, et l'Accord de Paris sur le climat est le franchissement d'une étape décisive pour des changements positifs et concrets, aussi pour les zones humides", a-t-elle ajouté.  

Le Projet artistique international environnemental des zones humides de Cheng-Long fait partie du programme d'éducation de la Fondation pour l'éducation Kuan Shu, qui promeut l'éducation aux questions environnementales.

Affaissement de la terre à Cheng Long, avec de vieux poteaux électriques qui trempent dans l'eau

(Crédit photo - module: "Terre", de Marisa Merlin)

#Art4Climate est une initiative commune de la CCNUCC et de Julie’s Bicycle visant à repérer et proposer des travaux récents et nouveaux dans ce domaine. Ceci dit, nous serions également ravis de recevoir vos propositions! Dans ce cas, veuillez s'il vous plaît envoyer vos suggestions de publication à newsroom@unfccc.int ou Chiara@juliesbicycle.com. 
Faites passer notre message - et utilisez les hashtags #Art4Climate et #COP23! 

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