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Crédit photo: ©Sean Yoro

Influencé par son amour de l'océan et en associant celui du surf à un talent artistique, l'artiste hawaïen et muraliste Sean Yoro, également connu sous le nom de « Hula », s’est mis à l'eau pour créer des peintures murales semi-submergées. En équilibre sur sa planche de surf de stand-up paddle, il cherche à éveiller les émotions des gens tout en incitant à une discussion sur le thème de l’environnement.

« L'une de mes principales priorités en travaillant à l'extérieur est juste d'interagir avec l'environnement. En étant à Hawaii et sur une île, j’ai ressenti le besoin de sortir de ma zone de confort », a déclaré l'artiste dans le court métrage intitulé « What if You Fly ». Ce film a été produit en collaboration avec la société de vêtements sportifs The North Face dans les eaux arctiques de l'île de Baffin, sur le territoire canadien du Nunavut, une région fortement touchée par le changement climatique. 

L'artiste a navigué ces eaux glaciales pendant des jours à la recherche d'un morceau de glace qui soutiendrait son propre poids et celui de son équipe sans céder sous eux. Il a documenté dans ce film les défis de la peinture de la glace qui fond le temps qu’il y a passé avec l’aide des Inuit locaux.

« What if I Fly » est une œuvre d'art frappante, peinte sur des plaques de glaces qui disparaissent près de l'île de Baffin, au Canada. Celle-ci représente le portrait d'une jeune femme Inuit.

Pour mieux comprendre comment le changement climatique affecte les habitants de l'île de Baffin et diffuser leur message dans le monde, l'artiste a d'abord construit et entretenu une relation avec la communauté inuit de la région. Il a passé du temps avec Jesse Mike. « Pour la plupart des gens, le problème affecte les ours polaires, pas les gens. Alors, parlons des gens », remarque Mike, en se référant au fait que les effets du changement climatique se ressentent sur les moyens de subsistance de la communauté.

L'art contribue à recadrer le dialogue sur les questions urgentes. La beauté inattendue de ces portraits semi-immergés nous oblige à regarder le paysage hostile et glacial sous une autre perspective, nous rappelant qu'il y a encore beaucoup à faire dans nos vies et au sein de nos communautés pour changer le cours du changement climatique mondial, a-t-il déclaré dans un entretien.

Yoro utilise une peinture non toxique et écologique pour ses peintures murales, composées d’huiles végétales. Une seule œuvre lui prend de quelques heures à quelques jours. « A’o ‘Ana » signifie « L’avertissement » en hawaïen : c’est le nom de sa peinture faite sur un glacier en pleine fonte, en Islande. Le concept de ce travail vise à laisser les spectateurs comprendre les faits relatifs à la fonte de la banquise de manière émotionnelle. 

« A'o 'Ana » (« L'avertissement »). Le superbe portrait d'une femme, émergeant à peine de l'eau glacée, est peint sur un iceberg fraîchement détaché d'un glacier voisin en Islande.

«Dans le court laps de temps où j’ai été sur place, je me suis trouvé aux premières loges du taux extrême de la fonte, alors que le bruit de la fissuration de la glace s’est imposé comme bruit de fond constant pendant que je peignais. Dans quelques semaines, ces peintures murales seront perdues pour toujours, mais pour ceux qui les trouvent, j'espère qu'elles suscitent un sentiment d'urgence car elles représentent les millions de personnes qui ont besoin de notre aide et qui sont déjà affectées par la hausse du niveau de la mer causée par le changement climatique », confie-t-il.

Trouver l'iceberg idéal pour peindre est également une tâche difficile. « Il nous a fallu une journée entière de recherche jusqu'à ce que nous trouvions le bon, et j'ai alors pu commencer à m’installer pour peindre. Les courants ne nous ont pas aidé non plus, étant donné que plus vite mon iceberg se déplaçait, plus vite il fondait », admet Yoro à CNN à propos de son portrait « A'o 'Ana ».

« Je pense effectivement que nous allons dans la bonne direction avec les mesures que nous prenons pour lutter contre le réchauffement climatique, mais nous réagissons tard et nous devons accélérer le rythme de nos actions si nous voulons garder ce monde sûr pour les générations futures » a-t-il ajouté.

Installation d'icebergs, en collaboration avec Instagram pour le Festival Facebook Cannes Lions 2016

À propos de cette œuvre, le Conseil de défense des ressources naturelles (NRDC) a déclaré: « La vie des gens et le patrimoine culturel sont également à risque. Avec ses portraits, l'artiste Sean Yoro permet de mettre un visage humain sur la question du changement climatique ».

Quelques-uns des récents projets de Yoro l'ont emmené aux premières lignes du réchauffement climatique :ses portraits éphémères qui disparaissent rapidement à cause des changements environnementaux sont une puissante métaphore. Par son art, il réaffirme visuellement et viscéralement la nécessité de respecter et de protéger la nature.

Une entrevue avec The Huffington Post, Yoro souligne: « Souvent, les humains ne réagissent pas à moins de réellement voir le danger ». Son enfance à Hawaii, dit-il, lui a appris à respecter la terre. « J’ai ressenti le besoin de mettre mon travail au service de l’incitation à un changement positif dans la société », explique-t-il.

 

À propos de la vidéo: Le voyage artistique à l'île de Baffin sur le territoire canadien du Nunavut a abouti à un court métrage écrit par Renan Ozturket Taylor Ozturk et produit par camp4collective.  Intitulé « What If You Fly », le film propose un regard perspicace et poignant sur les progrès du projet, et le message qui est en son centre.

Crédit 1ère photo: « A'o 'Ana II » - « Le portrait représente les millions de personnes qui ont besoin de notre aide, qui sont déjà affectées par la hausse du niveau de la mer causée par le changement climatique ».

Crédit photo (module): ©Sean Yoro

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