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Crédit photo: UNU-EHS/Andrea Milan

En amont de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra en novembre à Bonn sous la présidence du gouvernement de Fidji, l'Institut universitaire des Nations Unies pour l'environnement et la sécurité humaine (UNU-EHS) a publié une série de rapports détaillant les répercussions des changements climatiques subies par les communautés des États insulaires du Pacifique. Les rapports montrent que de nombreux habitants de petites îles ont besoin de soutien pour s'adapter aux changements climatiques, y compris un appui à la migration, et que l'Accord de Paris sur les changements climatiques représente une opportunité importante d'accéder à ces aides.

Focalisée sur les nations du Pacifique de Tuvalu, Nauru et Kiribati, les recherches ont révélé que les impacts environnementaux probablement liés au dérèglement du climat ont déjà affecté les populations de manière significative au cours des dix dernières années et sont susceptibles de mener à des migrations à l'avenir, alors que les personnes se déplacent à la recherche de moyens de subsistance plus sûrs.

 

Répercussions climatiques à Tuvalu

Les rapports de l'UNU-EHS sont basés sur un travail de terrain local qui comprend des sondages des ménages, des entretiens détaillés poussés, des groupes de discussion et des projections des futurs flux de migrants au sein de la région. Les chercheurs ont constaté que:

  • À Nauru, 74% des ménages ont subi les effets de changements environnementaux au moins une fois au cours de la dernière décennie. La disponibilité et la qualité de l'eau sont les répercussions environnementales les plus graves pour ces îles, tandis que sécheresse et pluies irrégulières ont déjà touché 61% des familles interrogées.
  • Bien que les impacts environnementaux ne déclenchent pas encore de mouvements à Nauru, plus d'un tiers des ménages nauruans sont d’avis que les migrations seront nécessaires à l'avenir en raison des changements climatiques. Cependant, seulement un quart des ménages pensent avoir les moyens de se permettre de migrer à l'avenir.
  • À Kiribati, presque tous les ménages (94%) ont été touchés par les catastrophes naturelles au cours des dix dernières années, dont 81% indiquent qu'ils ont été affectés par l'élévation du niveau de la mer.
  • À Kiribati, la plupart des migrations proviennent des îles périphériques en direction de la capitale de Tarawa Sud, intensifiant le surpeuplement déjà existant et les pénuries d'eau. Il existe très peu de migrations internationales qui pourraient remédier à cette situation.
  • À Tuvalu, les conditions environnementales ont déclenché 9% des mouvements enregistrés entre 2005 et 2015 et la majorité des familles ont indiqué qu'ils estiment la migration comme une stratégie nécessaire si les conséquences du changement climatique aggravent leurs conditions de vie. L'élévation du niveau de la mer (pour 76% des interrogés), l'intrusion de l'eau salée (74%), la sécheresse (72%) et les inondations (71%) sont considérés comme les facteurs environnementaux les plus probables de déclencher de futures migrations.
  • Bien que 97% des ménages interrogés à Tuvalu aient déclaré avoir été touchés par des risques naturels entre 2005 et 2015, seulement 53% d’entre eux pensent avoir les moyens de se permettre de migrer à l'avenir.

Les études menées par l'UNU-EHS indiquent clairement qu'un appui politique national et international sera nécessaire pour venir en assistance aux personnes vulnérables dans les îles du Pacifique. Sans la possibilité de pouvoir se déplacer dans un environnement en détérioration, les gens pourraient se retrouver piégés.

Des enfants qui jouent sur une plage érodée à Nauru

Les rapports concluent que l'Accord de Paris sur les changements climatiques présente des opportunités importantes pour ces pays, étant donné que l'accord met pour la première fois l'adaptation au même niveau que la réduction des émissions de gaz à effet de serre, augmentant ainsi la possibilité pour les îles du Pacifique d'avoir accès aux ressources. L'Accord de Paris traite également des questions relatives au déplacement et requiert du Comité exécutif du Mécanisme international de Varsovie pour les pertes et les préjudices liés aux effets des changements climatiques d'établir un groupe de travail chargé d'élaborer des recommandations pour des approches intégrées visant à prévenir, minimiser et traiter les déplacements dus aux conséquences néfastes des changements climatiques.

Les rapports indiquent également que l'intégration régionale, couplée à l'élaboration d'accords bilatéraux et une collaboration plus étroite sur le changement climatique, pourrait renforcer la capacité des îles à s'adapter et à faciliter les migrations à l'avenir.

 

Une tortue échouée à Nauru

Le professeur Jakob Rhyner, vice-recteur de l'université des Nations Unies en Europe et directeur de l'UNU-EHS a déclaré: « Nos recherches montrent que les habitants des pays insulaires du Pacifique subiront une forte pression des facteurs environnementaux, dont une hausse du niveau de la mer et des sécheresses, ce qui peut contribuer à l'augmentation des migrations.

Des études comme celle-ci sont essentielles si nous voulons comprendre la relation entre le changement climatique et les migrations et élaborer des politiques qui peuvent aider les communautés les plus vulnérables à résister au changement climatique ou, s'ils ne peuvent pas s'adapter, à migrer avec dignité ».

Liens aux rapports:

Rapport de UNU-EHS "Tuvalu: Climate Change and Migration"
Rapport de UNU-EHS "Nauru: Climate Change and Migration"
Rapport de UNU-EHS "Kiribati: Climate Change and Migration"

Photos: UNU-EHS / Andrea Milan

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